Agir avec empathie – votre enfant a‑t‑il développé un comportement empathique ?

et si tout se jouait… à la balle aux prisonniers ?
Imagine la scène.
Cour de récréation, CM1‑CM2, soleil, cris, ballon qui fuse. L’équipe rouge affronte l’équipe
bleue, tout le monde est à fond.
L’équipe rouge lance le ballon à son prisonnier, Bastien, qui réussit à se libérer.
Thomas, en face, explose :
« Il a triché, il était sorti de la prison quand il a tiré ! »
Bastien réplique :
« C’est toi qui triches, tu es nul ! »
En trois secondes, on passe du jeu à la guerre. Bastien s’approche, pousse Thomas, qui
tombe et se blesse.
Le ballon roule, les enfants crient… et le pauvre maître récupère une classe électrique
comme une centrale nucléaire en surchauffe.
Dans tout ce bazar émotionnel, une question clé :
ton enfant fait‑il des liens entre ce qu’il vit, ce qu’il ressent… et ce que ressent l’autre ?
Petit exercice : tester l’empathie de votre enfant
Propose‑lui simplement ce scénario :
« Dans la cour, Bastien pousse Thomas après une dispute à la balle aux prisonniers.
Thomas tombe et se fait mal. »
Puis demande‑lui :

  1. Qu’est‑ce que Bastien peut ressentir à ce moment‑là ?
  2. Qu’est‑ce que Thomas peut ressentir ?
  3. Et les autres joueurs qui assistent à la scène ?
  4. Selon toi, qu’aurait pu faire Bastien à la place de pousser ?
  5. Qu’aurait pu dire Thomas au lieu de crier “Tu es nul” ?
    Observe :
  • Ton enfant voit‑il – uniquement- qui a tort et qui a raison,
  • ou commence‑t‑il à parler de “peur de perdre”, de “sentiment d’injustice”, de “honte”, de
    “colère”, de “tristesse” ?
    S’il commence à nommer des émotions différentes chez chacun, félicitations : ses
    compétences empathiques sont déjà en train de travailler.
    Les neurones miroirs : ces petites antennes invisibles de l’empathie
    Les chercheurs ont montré que certains neurones, appelés “neurones miroirs”, s’activent
    quand nous faisons une action… mais aussi quand nous voyons quelqu’un d’autre la faire.
    C’est grâce à eux que :
  • on sursaute quand un personnage tombe dans un film,
  • on a mal pour un joueur qui se blesse sur le terrain,
  • on pleure parfois devant une scène qui ne nous concerne pas directement.
    Quand ces neurones fonctionnent moins bien ou ne sont pas suffisamment « entraînés »,
    les enfants peuvent rester “démunis” face aux situations sociales complexes :
    ils voient les gestes, entendent les mots, mais ne captent pas le « film intérieur » de l’autre.
    La bonne nouvelle ?
    On peut “entraîner: tout ça. Comme un muscle. Comme un réflexe.
    À force de voir, d’entendre, d’imiter, de mettre en mots, le cerveau affine ses connexions et
    l’empathie devient plus naturelle.

Pourquoi “gérer ses émotions” ne suffit PAS
On dit souvent aux enfants : « Il faut apprendre à gérer tes émotions. »
Je ne suis pas d’accord.
On ne « gère » pas ce qu’on ne “reconnaît” pas, ce qu’on ne “nomme” pas et dont on ne
connaît pas le “besoin cache”.
Avant la « gestion », il y a :

  1. Identifier : colère, peur, tristesse, honte, joie…
  2. Nommer : « Là, je suis en colère parce que je trouve ça injuste. »
  3. Relier à un besoin : besoin d’être respecté, écouté, rassuré, de gagner, de réparer, etc.
  4. Agir autrement : demander de l’aide, proposer une solution, s’éloigner, respirer…
    C’est exactement ce que Thomas et Bastien n’ont pas pu faire : ils ont sauté la case «
    émotion » et sont passés directement à « accusation » + « violence ».
    Le rôle décisif des adultes (parents, pros, tout le monde)
    Dans cette histoire de neurones miroirs, les adultes sont des modèles vivants.
    Si tu veux que ton enfant apprenne à reconnaître, nommer et respecter les émotions, il a
    besoin de te voir… toi, en train de le faire.

Quelques exemples très simples :

  • « Là, je suis fatigué et un peu irritable, j’ai besoin de cinq minutes au calme, ce n’est pas
    contre toi. »
  • « Je suis triste parce que j’avais vraiment envie que ça marche, j’ai besoin d’en parler. »
  • « Je suis fier de toi, j’ai le cœur qui chauffe ! »

Comment un enfant pourrait‑il se construire émotionnellement s’il ne voit presque jamais
ses parents, ses profs, ses éducateurs “parler de leurs propres émotions?
Soyons clairs :
“il ne le peut pas.”

Pourquoi je m’adresse d’abord aux adultes ?

C’est pour cela que je choisis de concentrer mes accompagnements sur les adultes :
parents, enseignants, AESH, éducateurs, coachs, thérapeutes… mais aussi adultes sans
enfants qui croisent chaque jour des jeunes.Qu’on soit en couple ou pas, parent ou pas, professionnel ou pas, nous sommes forcément
confrontés à l’autre : l’enfant, l’ado, le collègue, le conjoint, le voisin.
Autant se préparer à rencontrer l’autre en étant “le meilleur de soi‑même”, plutôt que de
laisser notre cerveau réagir en pilote automatique.

Et maintenant, on fait quoi ?
Si tu t’es reconnu·e dans cette scène de cour de récré, si tu sens que ton enfant (ou tes
élèves)

  • réagissent vite,
  • comprennent mal les intentions des autres,
  • se sentent souvent incompris,

Je propose des accompagnements et ateliers pour adultes qui veulent :

  • parler des émotions sans se perdre,
  • apprendre des exercices d’imitation et d’empathie à utiliser au quotidien,
  • offrir à leurs enfants une vraie éducation émotionnelle, solide et incarnée.

alors il est temps de “muscler leurs neurones miroirs”… et les tiens aussi.

Si tu veux recevoir un “kit d’exercices d’empathie à faire en famille ou en classe” (dont la scène de la balle aux prisonniers, prête à imprimer), écris‑moi ou inscris‑toi ici je te répondrai avec plaisir!
Parce qu’un enfant qui comprend ses émotions et celles des autres, ce n’est pas juste un élève plus calme.
C’est un humain en train de devenir…profondément vivant et relié.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier
Retour en haut
Aller au contenu principal